Zikmund Schul

De la vie de Zikmund Schul on ne sait malheureusement que peu de chose. Il serait né à Chemnitz (Allemagne, Saxe) dans une famille israélite le 11 janvier 1916 et aurait fait ses premiers pas de compositeur en écrivant des opérettes pour la fête de son association sportive locale juive.

Il fuit l’Allemagne en 1933 pour pouvoir faire les études musicales qui lui sont interdites dans ce pays et intègre l’académie de Prague. La conquête dès 1939 de la Tchécoslovaquie par le Reich

coupe court à son activité artistique publique : il doit se contenter de donner des cours de musique dans le cadre des enseignements communautaires, seules « écoles » tolérées aux juifs par les autorités d’occupation, sous couvert de donner des cours d’électrotechnique, la musique n’entrant pas dans les attributions de ces établissements.

 

Zikmund Schul fit parti des tous premiers convois qui partirent de Prague pour le camp de concentration de Terezín en 1941, camp dans lequel il mourut le 2 juin 1944. Lorsque l’on parle du camp de concentration de Terezín, ancien fort militaire à l’extrémité ouest de l’actuelle République Tchèque, à quelques kilomètres de la frontière allemande, quelques chiffres suffisent à donner froid dans le dos : 140 000 juifs y transitèrent, dont 10 000 moururent sur place des conditions de vie épouvantables qui y régnaient et près de 87 000 furent envoyés de là à Auschwitz parmi lesquels seuls 3 000 revinrent. Au-delà de ces faits tragiques, ce camp fut en plus utilisé par les autorités nazies comme camp « modèle » à des fins de propagande. La gestion du camp était cyniquement laissée au soin des « résidents » à qui on offrait même la possibilité d’organiser, en dehors des heures de « travail », des animations culturelles.

 

Zikmund Schul avait entamé à Prague, avec le soutien des différentes synagogues de la ville et donc de la communauté juive, un travail de collecte et de copie des différents chants hébraïques connus à partir de manuscrits médiévaux. C’est certainement quelques-uns de ces thèmes qu’il utilisa pour réaliser les 2 Danses hassidiques pour alto et violoncelle qui furent composées au camp et jouées pour la première fois dans le cadre du 2ème concert du Studio de Musique Nouvelle, sous-titré « jeunes auteurs de Terezín ». Tous les compositeurs et musiciens qui participèrent à ces concerts mettaient un point d’honneur à composer une musique extrêmement typée et poussaient le plus loin possible la provocation à l’égard de leurs geôliers. Écrire et continuer de promouvoir une musique éminemment juive sous le nez de leurs bourreaux, voilà un acte de résistance artistique s’il en est !

 

 

Piste audio pour :
Zikmund SCHUL, Première danse hassidique