Philippe de Vitry ou Philippus de Vitriaco

Né le 31 octobre 1291 (joyeux 727ème anniversaire!), Philippe de Vitry embrasse très jeune la carrière ecclésiastique, commençant comme diacre jusqu’à devenir évêque de Meaux en 1351. Il occupera diverses fonctions au service des rois de France : notaire, conseiller ou encore maître des requêtes.

L’histoire le retient pour son innovation de taille en matière d’écriture musicale principalement. L’encyclopédie Univeralis le présente en effet comme « l’auteur d’un célèbre traité de musique, Ars nova (vers 1320), qui va infléchir le cours de la musique occidentale en proposant de nouvelles techniques de notation et de composition. Il explique notamment les nouveaux principes de la notation proportionnelle (nota mensurabilis), détaille les différents usages et significations de la notation bicolore (notes noires et notes rouges) et ajoute des divisions de valeur (prolations) au nouveau système de notation musicale. » De manière totalement anachronique, nous pourrions dire pour simplifier que sur le long chemin vers nos noires, croches et blanche, Philippe de Vitry aurait fait le premier pas.

L’essentiel de ce qui nous est parvenu des compositions de Philippe de Vitry est constitué de chansons et de motets. Bien loin de la structure musicale classique organisée en temps, mesures et carrures, en usage de Lully aux Beattles et de Brahms à Charly Parker, les motets se basent sur une ligne mélodique héritée du plain-chant médiéval, sorte de vocalise improvisée au rythme libre sur un texte liturgique. A la différence du plain-chant, le motet apparaît grâce à la nouvelle notation inaugurée par Philippe de Vitry (ars nova), rendant chaque voix indépendante avec un rythme propre. Tantôt à deux, trois ou quatre voix, les motets, écrits à une époque où les règles strictes de composition classiques n’existaient pas encore, font apparaître une variété inattendue de rencontres harmoniques et une grande variété de mélodies.

 

 

 

Ensemble Séquentia

La grande pureté et la souplesse de l’interprétation que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui ouvre une fenêtre sur un monde musical méconnu et pourtant d’une incroyable diversité.

Si notre ami Fétis cite dans la seconde édition de sa Bibliographie Universelle des Musiciens le nom de ce pionnier de la musique médiévale, ses connaissances sur cette époque très lointaine sont encore parcellaires et imprécises. Il recense néanmoins l’ensemble des écrits disponibles de Philippe.