Sir Donald Francis Tovey

Sir Donald Francis Tovey est un musicien britannique né le 17 juillet 1875 (Eton, Angleterre).

 

Nous avons volontairement opté pour le terme « musicien » car Tovey a tout au long de sa carrière mis un point d’honneur à exercer son métier de musicien sous toutes les formes possibles qui s’offraient à lui (pianiste, compositeur, chef d’orchestre, musicologue, analyste, essayiste, professeur).

Ces deux parents n’étaient pas musiciens mais, tout comme son frère aîné, il montre très vite un véritable attrait pour la musique. Il commence le piano à l’âge de cinq ans avec Miss Weisse, reçoit très vite des leçons également de piano-forte, devient boursier pour étudier l’histoire, la philosophie et la littérature de la Grèce antique au Balliol College à Oxford. Dès treize ans, il reçoit ses premières leçons de contrepoint et c’est à quatorze ans qu’il commence la composition.

Très jeune, il se distingue en tant qu’interprète : en 1891, il interprète des sonates de Beethoven et Brahms encore vivant et accompagne dans des lieder de Schubert et Brahms la chanteuse Marie Fillinger, proche de Clara et Robert Schumann. A douze ans, il rencontre le célèbre violoniste Joseph Joachim avec qui il se liera d’amitié et avec qui il jouera en récital à dix-neuf ans la première sonate de Brahms et la sonate à Kreutzer de Beethoven.

Tovey ayant gardé des liens très proches avec sa professeure Miss Weisse, elle facilitera sa carrière en usant de ses appuis auprès de la reine Victoria et financera la publication de son concerto pour piano qui lui était d’ailleurs dédié et la quasi totalité de ses compositions de musique de chambre. Il se lira aussi d’amitié avec le violoncelliste Pablo Casals qui créera des années plus tard en 1934 son concerto pour violoncelle qui lui était également dédié.

 

Malgré la première guerre mondiale, il mène une intense carrière de pianiste, chambriste et compositeur. Malheureusement, sa vie personnelle n’est pas aussi florissante : il se marie en 1916 mais, sa femme souffrant de lourds troubles psychiatriques, il divorce six ans plus tard avec de se remarier. Ce divorce et ses prenantes activités de pédagogue d’alors mirent un coup d’arrêt temporaire à son activité de compositeur, d’autant plus que s’il admirait ses contemporains Sibelius et Holst, il se sentait réellement à l’écart de la mouvance de son temps en terme de langage compositionnel.
Il se concentre alors sur ses écrits littéraires au sujet de la musique et contribue à la onzième édition de la célèbre Encyclopédie Britannica. Puis il obtient en 1914 la chaire de professeur à l’Université d’Edimburg où il restera jusqu’à sa mort. Il y enseigne l’histoire de la musique, l’analyse, l’orchestration, l’interprétation et organise des concerts. Il y a d’ailleurs créé un orchestre, l’Orchestre Reid pour lequel il écrivit de formidables notices de programmes de concert réunis aujourd’hui en six volumes titrés Essays on Musical Analysis. Il reprend alors la composition et réalise également plusieurs éditions de partitions comme les Sonates pour piano de Beethoven ou encore l’Art de la Fugue de Bach pour laquelle il compose sa propre fin de la fugue inachevée.

 

Alors qu’il est anobli en 1935, il meurt le 10 Juillet 1940.

 

La sonate pour violoncelle seul, dont le premier mouvement est présenté ici, a été composée en 1913 soit dix ans après le Concerto pour piano. D’une structure classique en trois mouvements (I. Allegro con bio ma largamente – II. Allegretto, un poco agitato, ma sempre piano – III. Passacaglia), elle recèle un langage post-romantique accès sur la dimension harmonique de l’instrument monophonique : parfois presque chorale, l’écriture tend d’ailleurs à se rapprocher par cet aspect-là de celle des suites pour violoncelle seul de Max Reger, composées seulement un an après !

 

Cette sonate pour violoncelle seul est dédié à Percy Such (1878-1959), violoncelliste et ami de toujours de Tovey, lui aussi élève et proche de Joseph Joachim. Il devient à vingt ans violoncelliste de l’Orchestre Philharmonique de Berlin puis violoncelle solo du London Pops Orchestra avant de s’établir aux Etats-Unis. C’est en collaboration avec lui que Tovey publiera les Sonates pour piano de Beethoven. Par la suite, Such publiera de son côté toute une littérature pédagogique pour violoncelle qui fit date dans l’histoire de l’enseignement de l’instrument aux Etats-Unis.