Joseph Lauber

Né le 27 décembre 1864 à Ruswil en Suisse (canton de Lucerne), Joseph Lauber est le fils de Josef Lauber, tailleur, et d’Anna Rast.
 
Si son père est passionné de musique et dirige un petit orchestre amateur, la famille n’a pas les moyens d’inscrire Joseph au conservatoire et c’est grâce à un mécène qu’il intègre en 1881 le conservatoire de Zurich où il apprend le piano et la composition avec Friedrich Hegar et Gustav Weber. En 1884, il se rend au conservatoire de Munich pour étudier l’orgue avec Josef Gabriel Rheinberger, puis à Paris où il étudie la composition avec Jules Massenet et le piano avec Louis Diémer.
 

A son retour en Suisse, il devient organiste, maître de musique et directeur de chorale au Locle (ville du canton de Neuchatel). Il occupe ensuite les fonctions de professeur au conservatoire de Zurich entre 1897 et 1901. C’est en 1901 que sa carrière prend un tournent décisif puisqu’il est nommé premier chef d’orchestre au Grand Théâtre de Genève. En parallèle professeur de piano et de composition au conservatoire de Genève, il a notamment eu pour élève le célèbre Frank Martin. C’est dans cette ville de Genève et après y avoir eu une brillante carrière durant pas moins de cinquante ans qu’il meurt le 28 mai 1952.

Un catalogue de ses œuvres, comptant plus de deux cents numéros, a été élaboré en 1991 par Jean-Louis Matthey.

On y trouve beaucoup de formations originales comme un quatuor de violoncelles, un quatuor de contrebasses, des danses médiévales pour flûte et harpe ou encore les 4 morceaux pour alto et violoncelle.
 
Au-delà de ces œuvres de musique de chambre, auxquels s’ajoutent notamment un quatuor à cordes, un quatuor avec piano, un quintet avec piano et deux sonates pour violon et piano, l’essentiel de sa production est d’ordre vocale : « Son Ode lyrique fut composée à l’occasion de la fête fédérale de chant de Neuchâtel (1912), et sa dernière œuvre, l’oratorio Le drame de Saul de Tarse, pour le 1900e anniversaire de l’arrivée de l’apôtre Paul en Europe (1951) » (Regula Puskàs, Dictionnaire Historique de la Suisse)
Les 4 morceaux pour alto et violoncelle, dont le Badinage est le deuxième mouvement, ne sont pas datés. De courte durée, ils s’inscrivent dans la mouvance des pièces de salons jouées dans les salons bourgeois du début du XXe siècle.
 

Le Badinage, qui joue avec les pizzicati des instruments à cordes et le contraste avec une partie centrale lyrique à l’archet, présente des harmonies teintées d’impressionnisme, ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on sait que Lauber était passionné par la musique de Debussy et Fauré.