Franz Danzi

Franz Danzi est un violoncelliste, chef d’orchestre et compositeur allemand d’origine italienne qui naquit dans le Sud de l’Allemagne, à Schwetzingen près de Mannheim, le 15 mai 1763. Il étudia le violoncelle, le piano et le chant avec son père alors premier violoncelliste de la Chapelle du Prince Palatin à Mannheim, orchestre alors le plus réputé d’Europe et dont on sait que Mozart loua ses qualités sonores et interprétatives. Quant à la composition, François-Joseph Fétis écrit dans sa Bibliographie universelle des musiciens : « il n’eût qu’une éducation pratique ; il n’apprit cet art que par quelques notions d’harmonie qu’il puisa dans les livres et par la lecture des partitions des grands maîtres ». L’on sait cependant qu’il prit des leçons avec l’abbé Georg Joseph Vogler (1749-1814), tout comme Carl Maria von Weber.

Il intégra à 15 ans l’orchestre de son père et lorsque la Chapelle du Prince Palatin est déplacée à Munich, il s’y installa. Il s’y mariera en 1791 avec Maria Margarethe Marchand, fille du directeur du théâtre de la ville à qui il donnait des cours de chant, et obtiendra alors un congés illimité grâce auquel il partira avec sa femme devenue cantatrice en tournée dans plusieurs pays d’Europe dont l’Italie où ils auront beaucoup de succès.

Suite à des soucis de santé de Maria Margarethe, le couple revint à Munich en 1797 où Franz Danzi prit le poste de vice maître de chapelle mais sa femme décéda deux années plus tard et il cessa alors de chagrin toute activité.

On retrouve sa trace à Stuttgart en 1807 où il fut nommé maître de chapelle du roi de Würtemberg. Cependant, les circonstances politiques l’amenèrent à Karlsruhe en 1808 où il occupa les mêmes fonctions jusqu’à sa mort le 13 avril 1826.

L’œuvre de Danzi est aussi nombreuse que variée : outre neuf opéras, de la musique d’église et 4 symphonies, ainsi que de nombreux quatuors, il consacra une grande partie de ses compositions à la musique pour instruments à vent : une étonnante symphonie concertante pour flûte et clarinette, 3 quatuors avec basson, des quintettes à vent, formations encore rares à cette époque. Cet attrait pour les bois est sans doute lié à son bref poste de responsable du département des instruments à vents au conservatoire de Stuttgart. En tant que professeur de chant, il écrivit par ailleurs nombre d’exercices vocaux, très appréciés de ses contemporains.

 

Danzi compose également 6 duos pour alto et violoncelle, publiés pour la première fois entre 1802 et 1803 chez Macario Falter à Munich, et réédités plus récemment chez Amadeus à Winterthur par Ulrich Drüner. L’idée de cette formation originale lui vint sans doute de sa grande connaissance du violoncelle, d’où l’impressionnante virtuosité de la partition, et par la possibilité offerte par la tessiture de l’alto d’inverser facilement la hiérarchie entre les voix des deux instruments. Digne représentant de la seconde génération de compositeurs de l’école de Mannheim, Danzi compose dans sa musique de chambre et dans ces duos en particulier « une mélodie préromantique et colorée, une harmonie soigneusement organisée et souvent chromatique » (A. Drüner).

Gravure de Franz Danzi réalisée par Heinrich E. von Wintter en 1827

Source : Gallica Bnf

Francois-Joseph Fétis (1784-1871), Biographie universelle des musiciens ​

Francois-Joseph Fétis (1784-1871), Biographie universelle des musiciens