Benjamin Godard

Benjamin Louis Paul Godard est un violoniste et compositeur français qui naquit à Paris le 18 août 1849. Il entra en 1863 au Conservatoire de Paris, soit à 14 ans, et y étudia le violon avec Henri Vieuxtemps et l’harmonie («  coordination et combinaison des sons » Larousse) Napoléon-Henri Reber au même titre que Jules Massenet, célèbre compositeur de la Méditation de Thaïs.


En 1866 et 1867, il participe au grand concours de composition du Prix de Rome, sans succès (Massenet avait lui remporté le 1er prix en 1863).
Dans sa Biographie universelle des musiciens, François-Joseph Fétis écrit qu’après ces échecs au Concours du Prix de Rome et la fin de ses études au Conservatoire en 1867, Benjamin Godard se livra entièrement à la composition à Paris et écrivit d’abord des mélodies et « petits morceaux » puis se fit connaître avec « quelques productions plus développées et plus sérieuses » en parlant notamment de ses remarquables concertos pour violon.
Compositeur habile, il composa aussi bien des opéras, genre suprême à l’époque en France, que de la musique de chambre ou de la musique symphonique.
En terme d’opéra, son chef-d’œuvre incontesté reste Jocelyn, opéra en 4 actes, qu’il composa en 1887 sur un poème de Lamartine et dont la première eût lieu le 25 février 1888 à Bruxelles. C’est de cet opéra dont est extraite sa célèbre Berceuse, mélodie qui fut arrangée pour de multiples instruments.
Sa production de musique de chambre est particulièrement intéressante : il composa à seize ans sa première sonate pour violon et piano, après laquelle suivirent trois autres sonates pour violon et piano, une pour violoncelle et piano, deux trios avec piano, trois quatuors et une multitude d’autres compositions. Pour toute cette production, il reçut, à l’instar d’Adolphe Blanc (compositeur Fétis de janvier 2018), le prix Chartier de l’Académie des Beaux-Arts.
Sa production symphonique, à laquelle s’ajoute un important corpus de mélodies pour voix et piano, à quant à elle fait l’objet d’une récompense avec le prix de Ville de Paris en 1878 pour sa symphonie dramatique pour chœurs soli et orchestre Le Tasse.

Il a, en parallèle de ses activités de compositeur, été, à partir de 1887 et jusqu’en 1892, date à laquelle il se retira pour cause de maladie, professeur des classes instrumentales (musique de chambre) au Conservatoire de Paris.

Très introduit dans le milieu artistique français de son époque, il fut notamment en contact avec Claude Monet ou Victor Hugo, et un proche de Camille Saint-Saëns (lettre ci-dessous).

Il décède à Cannes de la tuberculose le 10 janvier 1895 à l’âge de 45 ans, laissant derrière lui un important corpus d’œuvres (929 compositions à la Bibliothèque Nationale de France à ce jour !).

Dans le bois (vidéo ci-contre) est le deuxième mouvement de ses 4 Morceaux op. 5 pour trio à cordes. Datés de 1868, ils font clairement partis de ce que Fétis appelle les « petites compositions » que Benjamin Godard publia à sa sortie du conservatoire. Empruntes du charme suranné des salons de musique parisiens du XIXème siècle, elles sont à l’image des petites pièces divertissantes qu’on y entendait : petit bijoux de finesse et de simplicité, elles préfigurent ce qui sera le « son français » tout en transparence des couleurs de Debussy et s’inscrivent dans la lignée de la musique à programme d’une Symphonie Fantastique (Berlioz).