Adolphe Blanc

Jean-Baptiste-Adolphe Blanc est un violoniste, chef d’orchestre et compositeur français qui naquit dans le Sud de la France, à Manosque précisément, le 24 juin 1828. Il entra en 1841 au Conservatoire de Paris à 13 ans et y obtint à la fin de ses études un prix de violon. Il continua à y étudier par la suite dans la classe de composition de Fromental Halévy, éminent professeur qui eut comme élèves notamment Charles Gounod et Georges Bizet.

Dans sa Biographie universelle des musiciens, François-Joseph Fétis écrit à propos d’Adolphe Blanc un article assez élogieux quant à son talent et lui reconnaît du courage pour se consacrer exclusivement à la musique « sérieuse », à savoir la musique instrumentale, dans une époque où l’on n’écoute en France que de la musique « futile » soit l’opérette. Nous reconnaissons bien là l’impartialité toute relative de ce cher Fétis ! Celui-ci nous permet malgré tout de comprendre comment un compositeur du niveau d’Adolphe Blanc et avec une telle production, aussi riche et soignée soit-elle, n’est pas parvenu jusqu’à nous… Il n’était pas « à la mode ».

Adolphe Blanc consacre en effet l’essentiel de sa carrière à composer de nombreuses œuvres de musique de chambre (de la sonate au septuor), œuvre pour laquelle il obtient le prix Chartier en 1862, prix créé suite au leg de feu M. Chartier, mécène, à l’Académie des Beaux-Arts en janvier 1859.

Par ailleurs, il composa deux symphonies, jouées de son vivant, mais jamais éditées. Si l’essentiel de sa production éditée de musique de chambre se trouve à la Bibliothèque Nationale de France ainsi qu’une partie de sa correspondance, aucun de ses manuscrits, et donc aucune des deux symphonies, n’y est conservé.

Il semble s’être intéressé à la pédagogie et à la littérature pédagogique car il composa 9 petits trios pour piano, violon et violoncelle ainsi qu’une symphonie burlesque pour quatuors à cordes et « instruments d’enfants » intitulée La promenade du bœuf gras !

Il a, en parallèle de ses activités de compositeur, été, entre 1855 et 1860, chef d’orchestre du théâtre lyrique de Paris et a également été membre de la Société des Concerts du Conservatoire ainsi que de la Société des Compositeurs de 1863 à sa mort.

Il décède à Paris à l’âge de 56 ans le 10 mai 1885.

Un éditeur allemand a récemment entrepris la réédition de ses œuvres de musique de chambre.
https://www.klassika.info/Komponisten/Blanc/wv_gattung.html

 

Adolphe Blanc a composé trois trios à cordes respectivement édités en 1857, 1861 et 1866. Nous vous proposons d’entendre le troisième mouvement, Adagio Cantabile, du troisième trio à cordes op 48. édité chez Richault à Paris.

Ce trio est le seul des trois à être composé dans une tonalité mineure. Le langage musicale et les couleurs harmoniques évoquent la musique de chambre de Franz Schubert. On note une attention particulière à l’équilibre des voix et le trio fait entendre des motifs récurrents tout au long de ses quatre mouvements, procédé d’écriture démocratisé par Beethoven.

Francois-Joseph Fétis (1784-1871), Biographie universelle des musiciens

Prix Chartier de l’Académie des Beaux-Arts